modifier la nature des avertissements obligatoires concernant la consommation d'alcool

Modifier la nature des avertissements obligatoires concernant la consommation d’alcool

Définition du problème

L'article L-3323-4 du Code  de la Santé Publique reprenant une disposition de la loi Évin de 1991 dispose que : "Toute publicité en faveur de boissons alcooliques (…) doit être assortie d'un message de caractère sanitaire précisant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé."

Plusieurs alcoologues cliniciens européens et en particulier français avaient, dans le même esprit, jugé utile de fixer des repères pour une consommation raisonnable. Ces repères leur paraissaient indispensables dans la pratique clinique pour pouvoir évaluer les consommations problématiques ou "à risque". C'est ainsi qu'est né, venant à la suite d'une multitude d'autres "normes", le repère fixant comme dangereuse pour la santé une consommation supérieure à trois verres d'alcool par jour pour un homme et deux verres par jour pour une femme.

 L'extraordinaire diffusion de cette norme, rapidement travestie en seuil d'innocuité pour les consommations inférieures à ces chiffres, n'est due qu'à la puissance du lobby alcoolier qui y a vu la possibilité d'assurer que l'alcool n'est dangereux pour la santé que lorsqu'on en abuse, le seuil d'abus étant fixé suffisamment haut pour ne pas menacer ses intérêts

Description du contexte

Une publication récente d'épidémiologistes français (1) a restitué l'historique des tentatives professionnelles de fixer des repères pour une consommation raisonnable. La caution OMS a été utilisée de façon fallacieuse par le lobby de l'alcool sous la  forme de seuils en deçà desquels la consommation d'alcool peut être considérée comme sans danger pour la santé. Les méta analyses les plus récentes montrent qu'en ce qui concerne les cancers dont l'alcool est la cause, il est impossible d'établir un seuil d'innocuité absolue, même si, à faibles doses, le risque est faible.

La consommation d’alcool pouvant être dangereuse même à faible dose, nul ne doit être incité à boire de l'alcool  pour "améliorer" sa santé. Aucun repère de consommation raisonnable,  qui pourrait être interprété comme un seuil d'innocuité,  ne peut être diffusé aux populations en se parant de l'autorité scientifique médicale.

Description des difficultés et solutions possibles

Les difficultés ne sont pas d'ordre épidémiologique. Si l'abus d'alcool peut être considéré comme systématiquement dangereux pour la santé et la sécurité du buveur et pour son environnement social, la consommation d'alcool doit être considérée comme dangereuse pour tout buveur. Si les risques des faibles doses sont faibles, les consommateurs doivent en être informés.

Demande précise faite au candidat

Modifierez-vous la nature des avertissements obligatoires sur les produits contenant de l'alcool, de façon à prévenir tout consommateur que "L'alcool est dangereux pour la santé" ?

Réponse faite par le candidat

Commentaires des auteurs du site

 

[1] Paule Latino-Martel, Pierre Arwidson, Raphaëlle Ancellin, Nathalie Druesne-Pecollo, Serge Hercberg, Martine Le Quellec-Nathan, Thanh Le-Luong,  Dominique Maraninchi,   Alcohol consumption and cancer risk: revisiting guidelines for sensible drinking, Can Med Assoc J, 2011 November 8; 183(16): 1861–1865.